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Un cœur ne se brise pas

« J’ai le cœur brisé », déclara le poète. Pour cet esthète, la vérité pouvait et devait être sacrifiée sur l’hôtel du beau.

Mais un cœur ne se brise pas : il se broie.

La réalité est laide et douloureuse. C’est la sensation violente d’une main qui traverse le thorax et attrape ce cœur qui battait si fort pour le serrer encore et encore. Le serrer jusqu’à ce que le souffle manque, le serrer jusqu’à l’épuisement, le serrer jusqu’à faire se tordre le corps tout entier.

Broyé. C’est moche mais c’est vrai. Il n’y a pas de morceaux à recoller. Il ne reste qu’un cœur meurtri qui, protégé, reposé, amnésique, retrouvera peut-être un jour la force de battre.

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