Il ne me faut qu’une petite heure pour la rejoindre, à Dieppe ou au Havre. Quand l’envie me prends, que la météo et mon compte en banque sont au beau fixe, je n’ai qu’à sauter dans un train en gare de Rouen pour retrouver mon essentielle : la mer. Elle m’accueille dès le port, avec son odeur que j’aime tant. Je prends une grande inspiration, une grande dose de bonheur qui s’affiche alors sur mon visage.

Vivre loin d’elle serait un exil. Elle m’est nécessaire. Inutile d’essayer de me vendre un lac, aussi grand soit-il. Face à la mer, il y a l’immensité, le lointain, un ailleurs. Face à la mer, je me sens détendue, sereine, apaisée. Le bruit des vagues qui brassent les galets avant de s’échouer me berce.

Je peux rester là, immobile, oubliant le temps et l’inconfort des cailloux, à regarder les bateaux au loin. J’observe les sportifs sur leurs planches, les enfants et les chiens qui s’amusent du flux et du reflux de la marée. Je ne peux pas lire à la plage : j’ai l’impression de rater le spectacle qui s’offre à moi.

« […] Les gens, ils viennent au bord de la mer, ils tournent le dos à la mer tellement ça les intéresse pas, tellement la seule chose qui les intéresse, c’est de frimer entre eux […] »

« Des Cornichons au Chocolat » – Stéphanie (et Philippe Labro).

La plage, pour d’autres, n’est qu’un endroit où il est permis de se déshabiller pour offrir son anatomie aux rayons du soleil. A chacun son plaisir…

Mais moi, je ne suis là que pour elle. La mer.

Photo : Le Havre – Le 4 décembre 2018

Publié par :Lydie Dee

Blogueuse récidiviste, rêveuse depuis 1966.

2 messages sur “ Face à la mer ”

  1. Je découvre un réel talent de narratrice… Qui ne peut que donner envie d’aller à la mer… Et j’ajouterai que ses couleurs changeantes sont un spectacle dont on ne se lasse pas.

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