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Dracula : film d’horreur ou histoire d’amour ?

La perception qu’on a d’un récit peut différer, d’un individu à un autre, comme je l’évoquais dans un précédent billet. Et concernant le film Dracula, version de Francis Ford Coppola (Bram Stocker’s Dracula – 1992), c’est carrément le grand écart ! Rends-toi compte :

  • Pour le vendeur de la FNAC : c’est un film d’horreur.
  • Pour moi : c’est la plus belle histoire d’amour du cinéma !

Dracula : la peur et l’horreur

Il y a des morts violentes, des corps empalés, décapités. Il y a du sang, énormément de sang. Il y a la peur. Un cocher mi-homme/mi-rapace, des meutes de loup, un homme sans âge qui flotte plus qu’il ne marche et que son ombre ne suit pas. Il y a un château en ruine peuplé de rats et de femelles vampires (1) assoiffées et affamées de vies humaines.

Dracula sème les cadavres et les malades mentaux. Pourtant, Dracula aime : sincèrement, profondément, viscéralement, douloureusement.

Dracula : derrière le monstre

Transylvanie, 1462. Si Vlad Dracul a défendu Dieu et la Croix avec cruauté sur les champs de bataille, ses ennemis l’ont détruit d’une bien plus cruelle manière : en poussant sa promise, Elisabeta, au suicide.

« L’homme le plus heureux de cette terre est celui qui trouve le grand amour. »

Dracula

Une épée dans le cœur aurait été moins dévastatrice. Comment pourra t-il vivre sans elle ? Il damnera son âme pour pouvoir rejoindre la sienne à qui l’église a refusé le paradis. Il ne sera plus désormais que douleur et peine. Seul survivra et sévira, des siècles durant, le monstre qu’il est devenu.

Dracula : entre humain et animal

Les Carpates, 400 ans plus tard. L’animal va laisser de nouveau place à l’humain quand il va reconnaître, sur la photo de Wilhelmina Murray (Mina), fiancé du clerc de notaire Jonathan Harker, le visage et l’incarnation de celle qui n’a jamais quitté son cœur et ses pensées : Elisabeta.

Elisabeta, son âme sœur, sa part d’humanité.

« Croyez-vous en la destinée ? Croyez-vous que les pouvoirs du temps peuvent être modifiés en un unique but ? »

Dracula

La bête est toujours là malgré tout, manipulatrice : il lui faut faire de son obstacle un captif, pour que rien ne l’empêche de la retrouver.

Dracula : quand deux âmes se retrouvent et se reconnaissent

Londres, 1897. Leurs âmes ont traversé les siècles. Elles vont se retrouver et se reconnaître. Leurs êtres, leurs corps, vont s’unir à nouveau, passionnément.

L’animal va continuer à sévir et va se révéler dans toute sa laideur à son grand amour. Elle le suppliera pourtant de l’emmener avec lui dans les ténèbres, pour être à ses côtés, à jamais.

Dracula : l’amour inconditionnel

Se condamner à l’obscurité. En appeler aux éléments pour protéger celui qu’elle aime de ses assaillants. Rester à ses côtés jusqu’au dernier souffle. Faire fi de son visage monstrueux. L’aimer, encore. Accepter de renoncer à lui pour libérer son âme et enfoncer l’épée, le décapiter (2) en un ultime geste d’amour.

Dracula : l’amour au delà de la mort

Dracula, c’est l’espoir d’un amour absolu et éternel, capable de traverser les siècles. C’est l’espoir d’une évidence. C’est l’espoir de se retrouver et se reconnaître, un jour.

Voilà pourquoi, pour moi, cette version de Dracula est la plus belle histoire d’amour du cinéma…

(1) Dont la magnifique Monica Bellucci.
(2) Ce qui fera dire au vendeur de la FNAC que « c’est quand même un peu gothique » (#désolation).

2 Commentaires

    • Peut-être feras-tu une lecture différente de l’histoire en le visionnant (ou le revisionnant).

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